Larges sillons des avions dans le ciel bleu du matin glacé. Les gros porteurs ont taillé les cieux en lamelles...
jeudi 8 décembre 2016
mardi 18 octobre 2016
Lancement des Editions fictives Burn-Out en Novembre 2016
Les éditions fictives Burn-out cherchent à séduire les lecteurs. Bon les lecteurs qui lisent au minimum un livre par mois, ceux qui n'en lisent pas trop. Ceux qui ne focalisent pas sur les livres "qui font oublier le quotidien". Des lecteurs qui parlent de ce qu'ils lisent, qui recommandent, qui ne peuvent pas saquer BHL ou Musso, qui sont capables de rester concentrés plus de dix minutes, des lecteurs qui achètent des livres pour les offrir à des gens qui lisent vraiment, pas ceux qui remplissent la bibliothèque du salon pour faire classe, cultivés. Bref les éditions Burn-out cherchent des lecteurs... À partir du mois de novembre...
Premier ouvrage: "Manifeste de l'Acharniste" suivi de "Une Ville à Deux". Une suite, une version amplifiée, augmentée du Manifeste paru en 2014, avec plus de photos, de textes et une qualité d'impression supérieure. Auteurs: Léonel Houssam & Yentel Sanstitre. 82 pages. Entre 12 et 15€. Commandable dans toutes les librairies traditionnelles et en ligne. Version numérique à 1,99€ (0,99€ les quatre premières semaines de publication): couverture prévisionnelle.
mardi 4 octobre 2016
L'épidémie des RIP qui va éradiquer l'Humanité
Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, je vois Facebook
et Twitter comme une arène. Nous sommes des millions assis dans les gradins à
regarder des vieilles célébrités des anciens médias se faire massacrer par des
silhouettes de métastases féroces. Au lieu d'applaudir, chacun hisse son
écriteau "RIP MACHIN" en pleurant ou en ricanant... Des millions
d'avachis côte à côte comme dans un openspace, se parlant par SMS, assoiffés de
nouvelles vedettes défraîchies qu'un homme en blouse blanche jetterait dans la
fosse aux cancers... Les paris sont ouverts pour les prochaines victimes.
lundi 26 septembre 2016
Englouti comme tout le monde dans le vortex
C'est très bizarre, depuis des
mois où je ne suis plus l'auteur connu que je fus après en avoir tué le pseudo,
j'ai perdu un max de lèche-culs de pseudo lecteurs et de pseudo éditeurs à la
cons, mais j'ai peu à peu vu des lecteurs anglo-saxons apparaître mais pas que.
Des lecteurs d'un peu partout, plus posés, plus intéressés par l'écrit que par
le scandale ou la personnalité débile de l'auteur. J'ai pris de l'âge. Les
colères ont fait quelques grumeaux avant de se dissoudre et les batailles
rangées de tarés alcoolisés ou non ont disparu...
Cette nouvelle ère est la dernière
de mon existence sur Terre. Après celle-ci, je serai englouti comme tout le
monde dans le vortex. Dieu seul sait où il m'amènera. Mais je sais une chose,
je n'aurai jamais baissé la garde. J'aurai écrit du matin jusqu'au soir, tous
les jours de ma vie depuis l'âge de treize jusqu'à ce que la maladie et la mort
me prennent dans leurs bras pour me sortir de la cité-prison qu'est le monde.
Je n'aurai aucun regret parce que dans ma cellule, il y a mes stylos, du
papier, un peu de calme et surtout ma codétenue de rêve: ma femme.
Actualisation de l'oraison funèbre sur Facebook
Dans l'immense Empire Facebook, ses habitants se réveillent
peu à peu dans la région Greenwich Zéro et Greenwich Un. Les likes commencent à
fuser, les news des habitants des régions Greenwich vingt à vingt-quatre sont
relayées tandis que de plus locales voient le jour. Les commentaires sont
encore zens car les plus dépressifs et shootés sont toujours dans leur état le
plus comateux. Quelques photos de tasses de café, de lits en vrac ou de chatons
si mignons apparaissent sur le mur d'actualité personnalisé telle une petite
rue d'en face la maison ou l'immeuble... Chacun vaque à son extinction. Les
Datas centers surchauffent déjà, la croûte terrestre se couvre d'un degré
anormal supplémentaire, mais le peuple multiculturel et standard de l'Empire
Facebook se porte bien. Apocalypsa Jacta Est.
jeudi 22 septembre 2016
Les usines des années 70
Le papier-peint derrière son visage en contre-jour était marron clair au graphisme épais fait de courbes et d'angles nuls. Les usines des années 70 ne produisaient que des produits de merde mais trois décennies plus tard, nous pensions que c'était le meilleur du meilleur...
mardi 30 août 2016
Pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables
« Vous êtes avertis mais vous ne voulez pas le voir ni
l’entendre. Vous préférez menacer, dédaigner, vous préférez partir en vacances.
Vous êtes prévenus et vous faites mine d’avoir compris, mais au fond, vous n’avez
que des rêves de « ça passera, j’suis sûr que ça passera » alors que
le passage est trop étroit. Vous, c’est moi. Et moi, c’est vous ». Au-delà
la frontière hermétique que peu d’êtres peuvent voir, les peuples aux yeux
blancs nous regardent avec mépris. Ils ont été avertis aussi, ils ont su l’entendre.
Ils n’ont pas menacé, ils n’ont pas brandi les armes, les étendards déchiquetés
de nations de paille, de patries de soufre. Ils ont brûlé leurs villes, ils ont
interdit la reproduction, ils ont fixé une limite au-delà de laquelle Dieu seul
peut décider de la vie et de la mort. Ils ont rendu à la nature son rôle
premier, ils ont cultivé, ils ont souffert. Leurs yeux devenus des voiles
blancs opacifiant la lumière agressive d’un soleil ennemi ont la capacité de
voir au-delà de la frontière, celle que l’on nomme chez les initiés :
F-NORTH. « Vous vous découvrez le corps pour brunir votre peau à votre
goût. Vous recouvrez le corps pour afficher une pudeur fictive, en réalité pour
refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables. Nous couvrons notre
corps pour le protéger du soleil brûlant, des tempêtes, des vents glacés. Notre
corps n’est qu’une enveloppe offerte, un espace de passage. Rien de plus»
Extrait de « Evite de mourir. Tome premier du cycle «Avant
Extinction »
mercredi 24 août 2016
Les ruines des conquêtes passées
De ma plage, ils n’auront rien pas même un seul de ses grains
d’or chauffé par un soleil connard. Ils n’auront rien de mon farniente, mes baignades,
mon bronzage camionneur. Ils n’auront rien,
pas mon frisbee, mes tongs, mes parasols. Ils n’auront rien de mes
petites économies placées dans un emplacement de camping ou d’hôtel, ils n’auront
pas, ils ne toucheront pas à mon impasse estivale, ma « coupure »
annuelle, mon « break », ils n’auront pas, ils ne frôleront pas le château
de sable des petits, ils n’étendront pas leur dieu et leur prophète sur une
serviette éponge, ils ne pourront pas, ils n’entreront pas, ils ne toucheront
pas ma grande conquête du XXème siècle, mes vacances pathétiques à griller cancer
dans une épaisse couche de crème solaire. Ils n’auront rien, ils ne verront
rien, ils ne gagneront pas de terrain sur mes kékés des plages à bord de leurs
poubelles customisées braillant des tubes de branleurs à la voix trafiquée, ils
n’auront pas, ils ne posséderont pas, ils n’envahiront pas ma zone de nibards lourds et informes des dames
épaisses qui ont trop profité des années 70 et 80, ils n’auront pas non plus
les messieurs au gros bide qui cachent leur micro-érection à la vue d’étudiantes
sautillant dans les vagues. Ils n’auront pas, ils ne porteront pas, ils ne se
couvriront pas, ils ne « prosélyteront » sur ce territoire de sable
où j’ai piétiné les idéaux, l’intelligence et les combats de mes ancêtres. Ma
lutte aujourd’hui se réduit à dénoncer le burkini, la queue flasque rabougrie
dans mon slip de bain pétrole… Ma vision
du monde est l’horizon bleu et elle a la taille d’une serviette de bain.
mercredi 17 août 2016
J'ai presque réussi ma vie
Même si mes textes sont sombres et glauques quand je les lis à voix haute, elle s'endort comme si je lui contais des légendes magiques et apaisantes...
Est-ce à dire que j'ai presque réussi ma vie ? Moi je dis oui...
mardi 9 août 2016
Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés
Son cœur lâcha en pleine nuit, dans
La littérature est un émeutier
La littérature aussi peut être un émeutier. Tout comme la photo peut être un forcené. La peinture peut être un sale type tout comme la musique peut être un chef de gang. L'art peut être la beauté mais on peut aussi lui donner le rôle du bâtard.
lundi 8 août 2016
"Une Ville à Deux", extrait du prochain album d'Elastik
En attendant la sortie de son nouvel EP en octobre 2016, Elastik nous propose un extrait de celui-ci inspiré de notre projet. Titre: Une Ville à Deux, avec un visuel utilisant les photos d'UVAD.
C'est ici:
Pour en savoir plus sur la sortie de cet opus en octobre, vous pouvez vous rendre sur le site de l'artiste (que nous remercions et que nous intronisons membre à part entière du Royaume d'UVAD et de Notre République Personnelle. L'exploration du Monde à l'Instant de son Extinction est un privilège que nous ne pourrons remettre aux générations condamnées à venir):
Newsletter du 8 août 2016
Les projets avancent, reculent, comment veux-tu, comment veux-tu que je… t’accule.
Mon projet DATACENTER est toujours en attente de réponse (déjà beaucoup de refus pour ce recueil de « micro-romans et autres nouvelles » du fait du format non-conventionnel et d’une approche narrative trop « risquée » commercialement). Près de 250 pages toniques, j’espère puissantes. A voir. Il me reste un éditeur qui n’a pas eu le temps de lire et un autre qui pense vain de tenter l’édition d’un tel format. J’ai l’option d’un éditeur en devenir, peut-être. Mais je suis impatient qu’il sorte (déjà plus de six mois à chercher un éditeur).
Si cela ne fonctionne pas, ce sera autoédition, des centaines d’exemplaires vendus par ma pomme et tous les bénéfices pour mon foyer ! Mais franchement, l’option éditeur est préférable (travail commun sur le manuscrit, prise en charge des frais, travail de promotion parfois efficace, encore que, et diffusion moins confidentielle).
Depuis dimanche, le projet « Une Ville à Deux » composé par Yentel Sanstitre et moi-même –combinaison textes/photos- s’est étoffé d’une participation dont je ne suis pas peu fier : le musicien Elastik a composé un morceau « Une Ville à Deux » pour son prochain album, et qui est totalement dans l’esprit du projet. Les photos d’UVAD (Une Ville à Deux) ont servi à créer le visuel. Disponible sur Youtube :https://www.youtube.com/watch?v=Z1kYMzq-bFw
Fin août, si tout va bien, une version « luxe » du « Manifeste de l’Acharniste », suivi d’un recueil des textes/photos d’une Ville à Deux verra le jour en version papier et numérique, distribuée dans toutes les librairies en ligne ainsi que commandable dans toutes les librairies de France. Prix estimé : 18€ (je taffe la chose en ce moment). Ce Manifeste a déjà été téléchargé ou acheté par plus de 1500 personnes, ce qui en fait un vrai succès pour un truc 100% autoédité !
Un livre censé fêter mes trente années d’écriture est bouclé avec un partenaire excellent, un graphiste hors-piste que j’adore. Pour l’instant, nous cherchons l’éditeur courageux (autant dire que c’est la merde), mais une piste sérieuse a vu le jour. A confirmer.
Deux autres projets en cours en collaboration. L’un avec un photographe (un de mes textes sur certaines de ses photos pour un livre à paraître prochainement) mais rien n’est sûr, mes écrits n’étant pas encore validés. L’autre avec un musicien et un putain de beau et gros projet que je garde au secret pour l’instant mais dont je ne serai pas peu fier. Infos d’ici quelques mois.
Enfin, j’écris toujours mon prochain roman. Bien noir, bien à ma sauce, et j’espère intéressant pour certains éditeurs dont quatre à qui j’en ai parlé et avec qui j’aimerais bosser pour ce projet.
Bonne journée ! (Commencez à économiser pour acheter toutes ces belles choses sur lesquelles je travaille !)
mardi 2 août 2016
Une France en friches industrielles
Pour
moi une France en friches industrielles, c'était juste sublime. Une revanche. Une
famille siphonnée par la mort. D'où ma passion pour ces ruines que j'aimais
voir grignotées par la
forêt. J'aimais cette nature longuement bétonnée avec un
acharnement et un désir méthodique de destruction collective des hommes. Je
drainai la poussière sur le bord de ce buffet qui avait été effleuré et touché
par les mains des absents.
lundi 1 août 2016
Les filles seules qui décidaient de se radicaliser
Dans les "zones claires", désormais, ce sont les filles seules qui décidaient de se radicaliser. Elles étaient souvent hardcore, extrêmes. Très bêtes, sans niveau scolaire généralement, engrossées par des porcs, elles devenaient ces choses sombres à grande gueule à l'instar de ces filles qui viraient skins ou punks dans les années 80. Seul problème: elles s'en tapaient de Dieu, ce qu'elles voulaient, c'était se venger, c'était anéantir leur vie et celle de leurs gosses. Les "maîtresses" se faisaient sectionner un membre -plutôt un doigt et exceptionnellement une main au niveau du poignet - à l'aide d'une hache rituelle bénie par un prédicateur en répétant des prières dans une langue qu'elles ne comprenaient pas. Cette amputation était signe de pureté. Pour les plus "saines", elles subissaient l'ablation des seins, du vagin. Le summum de la sainteté consistait à se faire défigurer à l'acide... Peu à peu les quartiers devinrent leurs territoires pendant que le reste du pays tombait dans une guerre civile larvée entre ceux qui prônaient la tolérance absolue envers toutes les formes de croyances et ceux qui souhaitaient que l'on pénètre dans les zones claires avec l'armée afin d'abattre ou d'expulser ces populations...
Le dieu des hommes communs était surtout un néant épais au service des instincts des idiots...
La chaleur totalitaire
Il fait les cent pas. Il fait toujours 35°C dans les choux, dans les rotules, les articulations infestées par la chaleur totalitaire. Il écoute la radio en sourdine -des tubes des années 70 qui lui font penser qu'on naît incontinent et qu'on meurt incontinent, la chair fraîche transformée en carburant pour douleurs- et mouille son majeur pour récolter des vieilles miettes sales de biscuit dans les alvéoles du matelas conjugal.
Le plus terrifiant
Le plus terrifiant était le fait que nous ne savions pas où ça tombait, où ça frappait le sol pour faire voler en éclats les baraques, pour faire vibrer les murs et trembler le sol...
Plancton aérien
Dans les lambeaux de plancton aérien lourdement abîmé par les rejets atmosphériques humains, un cerf-volant bleu et rouge tournoyait nerveusement au gré des bourrasques de vent. À la manœuvre, un soldat débraillé et rieur dont les muscles luisants de sueur se tendaient tels des troncs de pieuvre remplis de flotte. Le feu resta au rouge très longtemps. La pluie boueuse avait cessé. La chaleur lourde d'humidité transformait le monde en four...
En direction d'Extinctio
Je reconnus quatre militaires dans ces palmiers mal fagotés sur le bord de la voie rapide en direction d'Extinctio... Le dénivelé de la destruction était de plus en plus raide. Les cordes d'eau qui s'abattaient sur toute la région charriaient les nuages de sable chimiques vénus du sud, dégueulassant mon pare-brise au point d'en déchiqueter les spatules des essuie-glace...
vendredi 22 juillet 2016
Le salafisme de supermarché
Cette femme est totalement hypnotisée par son portable, pianotant frénétiquement, sa petite fille l'implorant en hurlant de la regarder. Devant elle, une cocotte de moules qui refroidit (halal !? Non...). Elle n'entend personne autour d'elle, dans sa tour morbide, son Prophète prônant la mort des êtres humains, elle arbore les traits et les signes discrets de l'occidentale convertie (un piercing sur la langue entre autres) à l'oeuvre du démon. Lui donner de l'importance, c'est lui offrir le pouvoir dont elle manque pour tenter de sortir de sa condition de femme perdue, en cage, prête à la destruction, à qui il suffirait de dire: "personne ne t'a demandé de tendre l'autre joue, alors pourquoi le fais-tu ? Parce que tu penses que nous te voulons du mal? Tu te trompes. Viens avec nous et Dieu sera de la partie. Tu verras".
jeudi 7 juillet 2016
Le corps est un véhicule d'emprunt...
Après la criminalisation progressive et peu à peu acceptée de tous de la violence physique sous toutes ses formes, nous débutons une ère nouvelle de criminalisation de la violence verbale et écrite...
Je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum
Toute une vie sans faire de vagues, tout au plus une garde-à-vue pour un joint d’herbe fumé à l’arrière du lycée, quelques points perdus sur le permis pour de petits excès de vitesse, une bagarre ou deux, une vitre pétée dans une manifestation, des prestations de service facturées au black, des statuts furieux sur les réseaux sociaux, la tenue d’un stand anarchiste lors de l’adolescence… Sans vague. Sage. Gentil. Sage. Impeccable. Irréprochable. Il ne se passait rien, j’étais limpide et les mastodontes d’Internet pouvaient avoir accès à toutes mes données, les états aussi… J’avais les crédits à la consommation, presque un crédit immobilier, des achats en ligne. J’étais innocent, je n’avais rien à me reprocher, je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum. La rue reflétait cette existence aseptisée, sans risque. Bénévole dans une association humanitaire : « ça mange pas d’pain et c’est bon pour la conscience et les pauvres ». Trier les ordures, être outré face aux massacres terroristes. J’avais un hobby : les pays en friches.
Les babines de Nils formaient des ailes noires épaisses battant lourdement l’air lorsqu’il approchait de moi en courant. Ses crocs énormes et irréguliers étaient talochés par une langue souple et rose. Il avait des expressions rieuses sur la gueule qui indiquaient qu’il était heureux de venir à moi, me sauter dessus, les pattes avant claquant mon torse, son moignon de queue gesticulant de droite à gauche, telle une saucisse apéritif frappée par des électrochocs. Ce terrain vague aux abords de l’étendue de barres d’immeubles HLM insalubres m’offrait l’illusion d'un espace vierge à conquérir. Pour Nils, c’était aussi un territoire à explorer, un monde à part entière, fait de bosses, de trous, d’obstacles constitués par des blocs de béton, des palettes de bois explosées, des carcasses de bagnoles et de caravanes. Sur un hectare, les mauvaises herbes et les arbustes reprenaient peu à peu leurs droits sur ce quartier de maisons de parpaings aux toitures inachevées abandonné par un promoteur immobilier mis en faillite par la crise du logement…
...Il y avait toujours un merdeux pour se jeter du haut de la falaise et pour disparaître dans l'eau claire de la crique. Il me fallait engueuler Nils à m'en rompre les cordes vocales pour qu'il n'aille pas bouffer les bourses du plongeur.
Mon ambassade numérique
Mon ambassade numérique est prête à accueillir des migrants-lecteurs en quête de littérature non policée...
"Plus personne ne peut demander conseil à quelqu'un, plus personne ne peut demander des informations à qui que ce soit... Tout le monde se réfère à un monstre multiformes encore plus dégueulasse qu'une pieuvre. Tout le monde reflète la lumière électrique contre les rétines... Tout le monde demande la réponse à celui dont on ne doit pas dire le nom... Celui à qui l'on a donné un pseudo pour ne pas le nommer Lui: Internet"
Notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines
Nous échangeons notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines, techniques, technologies, denrées et même de la planète entière... Caractéristique d'une humanité en plein naufrage spirituel et philosophique...
Le monde est un désert de ruines
...Je me publie des statuts réservés à moi seul sur Facebook. Je me like, je me commente, je me souhaite bonne chance et je me soutiens dans les épreuves. Je me penche sur moi sur le lit d'hôpital et je me réconforte. Je ne vois plus que le monde est un désert de ruines. Je me dis que c'est pas grave... Mais cette fois, je ne peux plus me dire que je rencontrerai l'amour parce que ce moment est le matin de mon dernier jour.
Ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense
Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le plan bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse. Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le bois bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse.
mardi 28 juin 2016
Les boulevards des grands magasins au cœur de Paris
Les manteaux noirs sur les boulevards des grands magasins au cœur de Paris. Passer devant les vitrines éteintes à trois heures du matin... Une clope au bec dans une capitale sans voyous ni putes, sans délire, sans fête, sans vie. Une ville vulve avec des CRS autour qui choquent les maigrichons de papier et révoltés qui se soucient surtout de leur longévité.
lundi 27 juin 2016
Mort de Maurice G. DANTEC - Hommage
Chacun y va de son RIP et de son fait d’armes à propos du décès tragique (mais peu surprenant) du grand virtuose littéraire qu’était Maurice G. Dantec. J’ai eu l'insigne honneur de partager des instants avec lui en 1999 lors de la sortie de Babylon Babies pour une interview pour le compte de Furia. Un après-midi dans un appartement de Paris, celui d’amis qui l’hébergeaient pendant sa promo depuis qu’il était parti au Canada quelques temps plus tôt, suivi d’un concert avec Richard Pinhas, quelques mots, un joint ou deux, des bières, et un album d’Aphex Twin en avant-première que mon ami et collègue Nico avait sur lui au moment où nous lui posions nos questions. Il avait sa barbe bordélique, une voix de baroudeur… Que dire ? C’était un immense écrivain à mes yeux et j’ai connu un homme simple, intelligent, drôle, très barge aussi. J’avais pris mes distances ensuite, avec son revirement bushisto-catho fait de bric et de broc. Trop de substances, de spiritualité chaotique, de revirements réactionnaires frisant l’absurdité. C’est avec ses démêlés avec son ex-agent (qui m’avait approché en 2008-2009 tel un parasite suceur d’âme avant qu’on ne se clashe bien méchant à juste raison, mais je me tairai sur cette épisode de merde) que j’ai repris un petit peu le chemin de ses écrits, ses nouveaux travaux… son retour… et puis sa mort.
Le meilleur hommage à lui rendre, c’est de lire ses livres. Lire ses livres. Lire. Et surtout lire ses livres. Pas lire des trucs sur Dantec, mais lire ses livres. Lire. Lire…
P.S. : mais j’y pense… Qu’est-ce qu’on en a à foutre de mon hommage à Maurice G. Dantec ?
Dans la kommandantur d’une start-up
Les open-spaces, vastes lieux de travail à la chaîne cérébrale.
Des montagnes de neurones surchauffées, des corps de viande figés-assis devant
des écrans lumineux traquant l’attention, la pensée, encerclant la conscience…
Les voix des autres, le clapotis des doigts sur les claviers, le rebours bruyant
des clics de souris, tout concoure à tailler en lamelles la volonté d’émancipation.
Si seulement ce café pouvait jouer le rôle d’un élixir, s’il pouvait offrir la
force d’un litre d’alcool et permettre de saisir le couteau dans le sac et le
planter violemment dans l’orbite oculaire du manager, faquin mi avenant, mi
envahissant, toujours ballotté entre sa médiocrité de citoyen sortant de son
pieu, un pan de calbute coincé dans la raie du cul et sa pleutrerie de « collaborateur »
acquiesçant et riant des blagues nulles du N+ dans la kommandantur d’une start-up « c’est cool de travailler
dans une ambiance cool 6j/7 16h/24 », d’une administration lambda, d’un
sous-traitant paumé, d’une multinazionale…
jeudi 23 juin 2016
De ma chambre d’hôpital, je ne vois plus rien
Chronique du quotidien pathétique : de ma chambre d’hôpital, je ne vois plus rien. Je n’écoute même plus le vent, les hurlements des ivrognes dans la rue. De ma chambre, mes doigts qui tapotent sur le petit écran tactile me donnent des sensations de puissance, de superpuissance… Ma cavale dure le temps que la douleur me quitte quelques minutes, quelques heures, si longtemps, trop peu d’instants, effondré dans l’épuisement. La mouche comme compagnon, la mouche, les poils aux pattes, son regard en biais, sa façon de m’aguicher avec ses vols de croisière, ses atterrissages forcés, sa manière bien à elle de me picorer, me tamponner le gros orteil… Je crois que pour elle, je suis un art ludique, son parc d’attractions. Mon voisin est un vieux monsieur qui sent fort le fromage bien fait et qui n’a pas sa langue dans sa poche (d’urine). Il va bientôt quitter ce monde, c’est pourquoi il parle, il parle, il parle, il pète, il pleure, il parle, il tousse, il crache, il parle, il murmure et il gueule, il parle. La mouche l’aime aussi même si elle a une préférence pour moi, mais surtout la nuit, dans l’obscurité clignotante de la chambre, dans les tut tut tut des machines, les coui coui coui des chariots, les floc floc floc des sabots, des tatanes et des savates. Et Malgré tout, lorsque la douleur s’en va faire son petit pipi, qu’elle part en voyage hors de mon corps, la mouche veille, vient, et semble vouloir me dire qu’elle est là, qu’elle tiendrait volontiers ma main, qu’elle guérirait mes os, mon sang, mes organes. Je la salue, je lui chuchote des viens viens viens, et lui fais signe de se poser sur ma joue pour me picorer, me tamponner… Elle n’en fait qu’à sa tête et pourtant elle est là, elle restera là jusqu’à ce que je trépigne une ultime fois pour m’éteindre et m’enfouir, m’enfuir dans ce couloir à la con qui me privera sans fin des miens, ou bien, je le sais bien, seront-ils là-bas derrière à me tendre la main. Je n’en sais rien.
A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la population française
A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la
population française qui augmente. Entre chaque mort, trois cents ou quatre
cents ou six cents mille vies supplémentaires sur le territoire des disparus. Peu
à peu mon pays intérieur disparaît, rongé par le temps, la vieillesse, les
espoirs teintés de lassitude. Je ne me plains pas, je sais encore attraper une
mouche au vol et la broyer entre mes dents. Je n’ai jamais su plongé et je ne
compte pas m’y mettre. Je n’ai tué que des petites bêtes, et la conduite de
projet n’a plus de secret pour moi. Ma posture anticapitaliste n’a fait fléchir
aucun système, aucune société, aucune tête dirigeante. Mais je sais parfaitement
retirer la pellicule protectrice du goulot d’un litre de lait, je sais aussi ouvrir
une bouteille de vin. Je sais aussi retenir la peur irrationnelle qui saisit
lors d’un réveil en sursaut… Je ne sais pourtant ni naître ni mourir. Je ne
sais pas supporter la douleur et je n’ai pas de héros avéré. Qui suis-je à part
être la même chose que vous ?
Cergy, à la périphérie de la périphérie
Une cité sortie des champs il n'y a pas si longtemps que cela. Une cité sans âme, ployant sous les populations d'anonymes... Il ne revient pas aux artistes de dire du bien de la mégapole...
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