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jeudi 8 décembre 2016

Les gros porteurs



Larges sillons des avions dans le ciel bleu du matin glacé. Les gros porteurs ont taillé les cieux en lamelles...

mercredi 24 août 2016

Les ruines des conquêtes passées




De ma plage, ils n’auront rien pas même un seul de ses grains d’or chauffé par un soleil connard. Ils n’auront rien de mon farniente, mes baignades, mon bronzage camionneur. Ils n’auront rien,  pas mon frisbee, mes tongs, mes parasols. Ils n’auront rien de mes petites économies placées dans un emplacement de camping ou d’hôtel, ils n’auront pas, ils ne toucheront pas à mon impasse estivale, ma « coupure » annuelle, mon « break », ils n’auront pas, ils ne frôleront pas le château de sable des petits, ils n’étendront pas leur dieu et leur prophète sur une serviette éponge, ils ne pourront pas, ils n’entreront pas, ils ne toucheront pas ma grande conquête du XXème siècle, mes vacances pathétiques à griller cancer dans une épaisse couche de crème solaire. Ils n’auront rien, ils ne verront rien, ils ne gagneront pas de terrain sur mes kékés des plages à bord de leurs poubelles customisées braillant des tubes de branleurs à la voix trafiquée, ils n’auront pas, ils ne posséderont pas, ils n’envahiront pas  ma zone de nibards lourds et informes des dames épaisses qui ont trop profité des années 70 et 80, ils n’auront pas non plus les messieurs au gros bide qui cachent leur micro-érection à la vue d’étudiantes sautillant dans les vagues. Ils n’auront pas, ils ne porteront pas, ils ne se couvriront pas, ils ne « prosélyteront » sur ce territoire de sable où j’ai piétiné les idéaux, l’intelligence et les combats de mes ancêtres. Ma lutte aujourd’hui se réduit à dénoncer le burkini, la queue flasque rabougrie dans mon slip de bain pétrole…  Ma vision du monde est l’horizon bleu et elle a la taille d’une serviette de bain. 

lundi 1 août 2016

La chaleur totalitaire



Il fait les cent pas. Il fait toujours 35°C dans les choux, dans les rotules, les articulations infestées par la chaleur totalitaire. Il écoute la radio en sourdine -des tubes des années 70 qui lui font penser qu'on naît incontinent et qu'on meurt incontinent, la chair fraîche transformée en carburant pour douleurs- et mouille son majeur pour récolter des vieilles miettes sales de biscuit dans les alvéoles du matelas conjugal. 

Le plus terrifiant




Le plus terrifiant était le fait que nous ne savions pas où ça tombait, où ça frappait le sol pour faire voler en éclats les baraques, pour faire vibrer les murs et trembler le sol...

jeudi 7 juillet 2016

Je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum



Toute une vie sans faire de vagues, tout au plus une garde-à-vue pour un joint d’herbe fumé à l’arrière du lycée, quelques points perdus sur le permis pour de petits excès de vitesse, une bagarre ou deux, une vitre pétée dans une manifestation, des prestations de service facturées au black, des statuts furieux sur les réseaux sociaux, la tenue d’un stand anarchiste lors de l’adolescence… Sans vague. Sage. Gentil. Sage. Impeccable. Irréprochable. Il ne se passait rien, j’étais limpide et les mastodontes d’Internet pouvaient avoir accès à toutes mes données, les états aussi… J’avais les crédits à la consommation, presque un crédit immobilier, des achats en ligne. J’étais innocent, je n’avais rien à me reprocher, je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum. La rue reflétait cette existence aseptisée, sans risque. Bénévole dans une association humanitaire : « ça mange pas d’pain et c’est bon pour la conscience et les pauvres ». Trier les ordures, être outré face aux massacres terroristes. J’avais un hobby : les pays en friches.

Les babines de Nils formaient des ailes noires épaisses battant lourdement l’air lorsqu’il approchait de moi en courant. Ses crocs énormes et irréguliers étaient talochés par une langue souple et rose. Il avait des expressions rieuses sur la gueule qui indiquaient qu’il était heureux de venir à moi, me sauter dessus, les pattes avant claquant mon torse, son moignon de queue gesticulant de droite à gauche, telle une saucisse apéritif frappée par des électrochocs. Ce terrain vague aux abords de l’étendue de barres d’immeubles HLM insalubres m’offrait l’illusion d'un espace vierge à conquérir. Pour Nils, c’était aussi un territoire à explorer, un monde à part entière, fait de bosses, de trous, d’obstacles constitués par des blocs de béton, des palettes de bois explosées, des carcasses de bagnoles et de caravanes. Sur un hectare, les mauvaises herbes et les arbustes reprenaient peu à peu leurs droits sur ce quartier de maisons de parpaings aux toitures inachevées abandonné par un promoteur immobilier mis en faillite par la crise du logement…
...Il y avait toujours un merdeux pour se jeter du haut de la falaise et pour disparaître dans l'eau claire de la crique. Il me fallait engueuler Nils à m'en rompre les cordes vocales pour qu'il n'aille pas bouffer les bourses du plongeur.

Notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines


Nous échangeons notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines, techniques, technologies, denrées et même de la planète entière... Caractéristique d'une humanité en plein naufrage spirituel et philosophique...

Ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense


Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le plan bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse. Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le bois bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse.

lundi 27 juin 2016

BREXIT: l'Angleterre est devenue un laboratoire des catastrophes



La disparition des cartes, la déflagration, puis la disparition... 

Dans la kommandantur d’une start-up




Les open-spaces, vastes lieux de travail à la chaîne cérébrale. Des montagnes de neurones surchauffées, des corps de viande figés-assis devant des écrans lumineux traquant l’attention, la pensée, encerclant la conscience… Les voix des autres, le clapotis des doigts sur les claviers, le rebours bruyant des clics de souris, tout concoure à tailler en lamelles la volonté d’émancipation. Si seulement ce café pouvait jouer le rôle d’un élixir, s’il pouvait offrir la force d’un litre d’alcool et permettre de saisir le couteau dans le sac et le planter violemment dans l’orbite oculaire du manager, faquin mi avenant, mi envahissant, toujours ballotté entre sa médiocrité de citoyen sortant de son pieu, un pan de calbute coincé dans la raie du cul et sa pleutrerie de « collaborateur » acquiesçant et riant des blagues nulles du N+ dans la kommandantur  d’une start-up « c’est cool de travailler dans une ambiance cool 6j/7 16h/24 », d’une administration lambda, d’un sous-traitant paumé, d’une multinazionale… 

jeudi 23 juin 2016

A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la population française



A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la population française qui augmente. Entre chaque mort, trois cents ou quatre cents ou six cents mille vies supplémentaires sur le territoire des disparus. Peu à peu mon pays intérieur disparaît, rongé par le temps, la vieillesse, les espoirs teintés de lassitude. Je ne me plains pas, je sais encore attraper une mouche au vol et la broyer entre mes dents. Je n’ai jamais su plongé et je ne compte pas m’y mettre. Je n’ai tué que des petites bêtes, et la conduite de projet n’a plus de secret pour moi. Ma posture anticapitaliste n’a fait fléchir aucun système, aucune société, aucune tête dirigeante. Mais je sais parfaitement retirer la pellicule protectrice du goulot d’un litre de lait, je sais aussi ouvrir une bouteille de vin. Je sais aussi retenir la peur irrationnelle qui saisit lors d’un réveil en sursaut… Je ne sais pourtant ni naître ni mourir. Je ne sais pas supporter la douleur et je n’ai pas de héros avéré. Qui suis-je à part être la même chose que vous ? 

Cergy, à la périphérie de la périphérie

Une cité sortie des champs il n'y a pas si longtemps que cela. Une cité sans âme, ployant sous les populations d'anonymes... Il ne revient pas aux artistes de dire du bien de la mégapole...
















Cergy, une ville prise au piège de nos rétines

Une ville arpentée pour être imprimée par la rétine, par l'objectif...













Prix à débattre avant extinction - Série de photos

Des clichés chopés au hameçon... La pêche au gros, les pieds au-dessus du sol. Nous sommes dans la ville, elle le sait, mais elle ne nous regarde pas...