« Vous êtes avertis mais vous ne voulez pas le voir ni
l’entendre. Vous préférez menacer, dédaigner, vous préférez partir en vacances.
Vous êtes prévenus et vous faites mine d’avoir compris, mais au fond, vous n’avez
que des rêves de « ça passera, j’suis sûr que ça passera » alors que
le passage est trop étroit. Vous, c’est moi. Et moi, c’est vous ». Au-delà
la frontière hermétique que peu d’êtres peuvent voir, les peuples aux yeux
blancs nous regardent avec mépris. Ils ont été avertis aussi, ils ont su l’entendre.
Ils n’ont pas menacé, ils n’ont pas brandi les armes, les étendards déchiquetés
de nations de paille, de patries de soufre. Ils ont brûlé leurs villes, ils ont
interdit la reproduction, ils ont fixé une limite au-delà de laquelle Dieu seul
peut décider de la vie et de la mort. Ils ont rendu à la nature son rôle
premier, ils ont cultivé, ils ont souffert. Leurs yeux devenus des voiles
blancs opacifiant la lumière agressive d’un soleil ennemi ont la capacité de
voir au-delà de la frontière, celle que l’on nomme chez les initiés :
F-NORTH. « Vous vous découvrez le corps pour brunir votre peau à votre
goût. Vous recouvrez le corps pour afficher une pudeur fictive, en réalité pour
refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables. Nous couvrons notre
corps pour le protéger du soleil brûlant, des tempêtes, des vents glacés. Notre
corps n’est qu’une enveloppe offerte, un espace de passage. Rien de plus»
Extrait de « Evite de mourir. Tome premier du cycle «Avant
Extinction »












