mardi 28 juin 2016

Les boulevards des grands magasins au cœur de Paris




Les manteaux noirs sur les boulevards des grands magasins au cœur de Paris. Passer devant les vitrines éteintes à trois heures du matin... Une clope au bec dans une capitale sans voyous ni putes, sans délire, sans fête, sans vie. Une ville vulve avec des CRS autour qui choquent les maigrichons de papier et révoltés qui se soucient surtout de leur longévité.

lundi 27 juin 2016

BREXIT: l'Angleterre est devenue un laboratoire des catastrophes



La disparition des cartes, la déflagration, puis la disparition... 

Mort de Maurice G. DANTEC - Hommage





Chacun y va de son RIP et de son fait d’armes à propos du décès tragique (mais peu surprenant) du grand virtuose littéraire qu’était Maurice G. Dantec. J’ai eu l'insigne honneur de partager des instants avec lui en 1999 lors de la sortie de Babylon Babies pour une interview pour le compte de Furia. Un après-midi dans un appartement de Paris, celui d’amis qui l’hébergeaient pendant sa promo depuis qu’il était parti au Canada quelques temps plus tôt, suivi d’un concert avec Richard Pinhas, quelques mots, un joint ou deux, des bières, et un album d’Aphex Twin en avant-première que mon ami et collègue Nico avait sur lui au moment où nous lui posions nos questions. Il avait sa barbe bordélique, une voix de baroudeur… Que dire ? C’était un immense écrivain à mes yeux et j’ai connu un homme simple, intelligent, drôle, très barge aussi. J’avais pris mes distances ensuite, avec son revirement bushisto-catho fait de bric et de broc. Trop de substances, de spiritualité chaotique, de revirements réactionnaires frisant l’absurdité. C’est avec ses démêlés avec son ex-agent (qui m’avait approché en 2008-2009 tel un parasite suceur d’âme avant qu’on ne se clashe bien méchant à juste raison, mais je me tairai sur cette épisode de merde) que j’ai repris un petit peu le chemin de ses écrits, ses nouveaux travaux… son retour… et puis sa mort. 
Le meilleur hommage à lui rendre, c’est de lire ses livres. Lire ses livres. Lire. Et surtout lire ses livres. Pas lire des trucs sur Dantec, mais lire ses livres. Lire. Lire…


P.S. : mais j’y pense… Qu’est-ce qu’on en a à foutre de mon hommage à Maurice G. Dantec ?

Dans la kommandantur d’une start-up




Les open-spaces, vastes lieux de travail à la chaîne cérébrale. Des montagnes de neurones surchauffées, des corps de viande figés-assis devant des écrans lumineux traquant l’attention, la pensée, encerclant la conscience… Les voix des autres, le clapotis des doigts sur les claviers, le rebours bruyant des clics de souris, tout concoure à tailler en lamelles la volonté d’émancipation. Si seulement ce café pouvait jouer le rôle d’un élixir, s’il pouvait offrir la force d’un litre d’alcool et permettre de saisir le couteau dans le sac et le planter violemment dans l’orbite oculaire du manager, faquin mi avenant, mi envahissant, toujours ballotté entre sa médiocrité de citoyen sortant de son pieu, un pan de calbute coincé dans la raie du cul et sa pleutrerie de « collaborateur » acquiesçant et riant des blagues nulles du N+ dans la kommandantur  d’une start-up « c’est cool de travailler dans une ambiance cool 6j/7 16h/24 », d’une administration lambda, d’un sous-traitant paumé, d’une multinazionale… 

jeudi 23 juin 2016

De ma chambre d’hôpital, je ne vois plus rien



Chronique du quotidien pathétique : de ma chambre d’hôpital, je ne vois plus rien. Je n’écoute même plus le vent, les hurlements des ivrognes dans la rue. De ma chambre, mes doigts qui tapotent sur le petit écran tactile me donnent des sensations de puissance, de superpuissance… Ma cavale dure le temps que la douleur me quitte quelques minutes, quelques heures, si longtemps, trop peu d’instants, effondré dans l’épuisement. La mouche comme compagnon, la mouche, les poils aux pattes, son regard en biais, sa façon de m’aguicher avec ses vols de croisière, ses atterrissages forcés, sa manière bien à elle de me picorer, me tamponner le gros orteil… Je crois que pour elle, je suis un art ludique, son parc d’attractions. Mon voisin est un vieux monsieur qui sent fort le fromage bien fait et qui n’a pas sa langue dans sa poche (d’urine). Il va bientôt quitter ce monde, c’est pourquoi il parle, il parle, il parle, il pète, il pleure, il parle, il tousse, il crache, il parle, il murmure et il gueule, il parle. La mouche l’aime aussi même si elle a une préférence pour moi, mais surtout la nuit, dans l’obscurité clignotante de la chambre, dans les tut tut tut des machines, les coui coui coui des chariots, les floc floc floc des sabots, des tatanes et des savates. Et Malgré tout, lorsque la douleur s’en va faire son petit pipi, qu’elle part en voyage hors de mon corps, la mouche veille, vient, et semble vouloir me dire qu’elle est là, qu’elle tiendrait volontiers ma main, qu’elle guérirait mes os, mon sang, mes organes. Je la salue, je lui chuchote des viens viens viens, et lui fais signe de se poser sur ma joue pour me picorer, me tamponner… Elle n’en fait qu’à sa tête et pourtant elle est là, elle restera là jusqu’à ce que je trépigne une ultime fois pour m’éteindre et m’enfouir, m’enfuir dans ce couloir à la con qui me privera sans fin des miens, ou bien, je le sais bien, seront-ils là-bas derrière à me tendre la main. Je n’en sais rien.


A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la population française



A chaque décès d’un proche, je regarde le compteur de la population française qui augmente. Entre chaque mort, trois cents ou quatre cents ou six cents mille vies supplémentaires sur le territoire des disparus. Peu à peu mon pays intérieur disparaît, rongé par le temps, la vieillesse, les espoirs teintés de lassitude. Je ne me plains pas, je sais encore attraper une mouche au vol et la broyer entre mes dents. Je n’ai jamais su plongé et je ne compte pas m’y mettre. Je n’ai tué que des petites bêtes, et la conduite de projet n’a plus de secret pour moi. Ma posture anticapitaliste n’a fait fléchir aucun système, aucune société, aucune tête dirigeante. Mais je sais parfaitement retirer la pellicule protectrice du goulot d’un litre de lait, je sais aussi ouvrir une bouteille de vin. Je sais aussi retenir la peur irrationnelle qui saisit lors d’un réveil en sursaut… Je ne sais pourtant ni naître ni mourir. Je ne sais pas supporter la douleur et je n’ai pas de héros avéré. Qui suis-je à part être la même chose que vous ? 

Cergy, à la périphérie de la périphérie

Une cité sortie des champs il n'y a pas si longtemps que cela. Une cité sans âme, ployant sous les populations d'anonymes... Il ne revient pas aux artistes de dire du bien de la mégapole...
















Cergy, une ville prise au piège de nos rétines

Une ville arpentée pour être imprimée par la rétine, par l'objectif...













Prix à débattre avant extinction - Série de photos

Des clichés chopés au hameçon... La pêche au gros, les pieds au-dessus du sol. Nous sommes dans la ville, elle le sait, mais elle ne nous regarde pas...