vendredi 22 juillet 2016
Le salafisme de supermarché
Cette femme est totalement hypnotisée par son portable, pianotant frénétiquement, sa petite fille l'implorant en hurlant de la regarder. Devant elle, une cocotte de moules qui refroidit (halal !? Non...). Elle n'entend personne autour d'elle, dans sa tour morbide, son Prophète prônant la mort des êtres humains, elle arbore les traits et les signes discrets de l'occidentale convertie (un piercing sur la langue entre autres) à l'oeuvre du démon. Lui donner de l'importance, c'est lui offrir le pouvoir dont elle manque pour tenter de sortir de sa condition de femme perdue, en cage, prête à la destruction, à qui il suffirait de dire: "personne ne t'a demandé de tendre l'autre joue, alors pourquoi le fais-tu ? Parce que tu penses que nous te voulons du mal? Tu te trompes. Viens avec nous et Dieu sera de la partie. Tu verras".
jeudi 7 juillet 2016
Le corps est un véhicule d'emprunt...
Après la criminalisation progressive et peu à peu acceptée de tous de la violence physique sous toutes ses formes, nous débutons une ère nouvelle de criminalisation de la violence verbale et écrite...
Je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum
Toute une vie sans faire de vagues, tout au plus une garde-à-vue pour un joint d’herbe fumé à l’arrière du lycée, quelques points perdus sur le permis pour de petits excès de vitesse, une bagarre ou deux, une vitre pétée dans une manifestation, des prestations de service facturées au black, des statuts furieux sur les réseaux sociaux, la tenue d’un stand anarchiste lors de l’adolescence… Sans vague. Sage. Gentil. Sage. Impeccable. Irréprochable. Il ne se passait rien, j’étais limpide et les mastodontes d’Internet pouvaient avoir accès à toutes mes données, les états aussi… J’avais les crédits à la consommation, presque un crédit immobilier, des achats en ligne. J’étais innocent, je n’avais rien à me reprocher, je n’osais même plus écrire « Mort aux vaches » sur un forum. La rue reflétait cette existence aseptisée, sans risque. Bénévole dans une association humanitaire : « ça mange pas d’pain et c’est bon pour la conscience et les pauvres ». Trier les ordures, être outré face aux massacres terroristes. J’avais un hobby : les pays en friches.
Les babines de Nils formaient des ailes noires épaisses battant lourdement l’air lorsqu’il approchait de moi en courant. Ses crocs énormes et irréguliers étaient talochés par une langue souple et rose. Il avait des expressions rieuses sur la gueule qui indiquaient qu’il était heureux de venir à moi, me sauter dessus, les pattes avant claquant mon torse, son moignon de queue gesticulant de droite à gauche, telle une saucisse apéritif frappée par des électrochocs. Ce terrain vague aux abords de l’étendue de barres d’immeubles HLM insalubres m’offrait l’illusion d'un espace vierge à conquérir. Pour Nils, c’était aussi un territoire à explorer, un monde à part entière, fait de bosses, de trous, d’obstacles constitués par des blocs de béton, des palettes de bois explosées, des carcasses de bagnoles et de caravanes. Sur un hectare, les mauvaises herbes et les arbustes reprenaient peu à peu leurs droits sur ce quartier de maisons de parpaings aux toitures inachevées abandonné par un promoteur immobilier mis en faillite par la crise du logement…
...Il y avait toujours un merdeux pour se jeter du haut de la falaise et pour disparaître dans l'eau claire de la crique. Il me fallait engueuler Nils à m'en rompre les cordes vocales pour qu'il n'aille pas bouffer les bourses du plongeur.
Mon ambassade numérique
Mon ambassade numérique est prête à accueillir des migrants-lecteurs en quête de littérature non policée...
"Plus personne ne peut demander conseil à quelqu'un, plus personne ne peut demander des informations à qui que ce soit... Tout le monde se réfère à un monstre multiformes encore plus dégueulasse qu'une pieuvre. Tout le monde reflète la lumière électrique contre les rétines... Tout le monde demande la réponse à celui dont on ne doit pas dire le nom... Celui à qui l'on a donné un pseudo pour ne pas le nommer Lui: Internet"
Notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines
Nous échangeons notre longévité contre l'obsolescence de toutes les machines, techniques, technologies, denrées et même de la planète entière... Caractéristique d'une humanité en plein naufrage spirituel et philosophique...
Le monde est un désert de ruines
...Je me publie des statuts réservés à moi seul sur Facebook. Je me like, je me commente, je me souhaite bonne chance et je me soutiens dans les épreuves. Je me penche sur moi sur le lit d'hôpital et je me réconforte. Je ne vois plus que le monde est un désert de ruines. Je me dis que c'est pas grave... Mais cette fois, je ne peux plus me dire que je rencontrerai l'amour parce que ce moment est le matin de mon dernier jour.
Ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense
Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le plan bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse. Un vieux con sirotant son verre chaque soir au coin de ton bar sans que jamais tu me repères. Assis là, matant les gesticulations de ces strip-teaseuses seniors sur l'aquarium immense et ringard dans lequel deux requins cons tournoyaient. J'ai rien dit. J'ai maté, j'ai payé mes verres, le cul aplati comme une chienne écrasée sur le bois bon marché de tes tabourets en bois trempé de pisse.
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