Larges sillons des avions dans le ciel bleu du matin glacé. Les gros porteurs ont taillé les cieux en lamelles...
Une ville à deux
Textes et photos de Yentel Sanstitre et de Léonel Houssam
jeudi 8 décembre 2016
mardi 18 octobre 2016
Lancement des Editions fictives Burn-Out en Novembre 2016
Les éditions fictives Burn-out cherchent à séduire les lecteurs. Bon les lecteurs qui lisent au minimum un livre par mois, ceux qui n'en lisent pas trop. Ceux qui ne focalisent pas sur les livres "qui font oublier le quotidien". Des lecteurs qui parlent de ce qu'ils lisent, qui recommandent, qui ne peuvent pas saquer BHL ou Musso, qui sont capables de rester concentrés plus de dix minutes, des lecteurs qui achètent des livres pour les offrir à des gens qui lisent vraiment, pas ceux qui remplissent la bibliothèque du salon pour faire classe, cultivés. Bref les éditions Burn-out cherchent des lecteurs... À partir du mois de novembre...
Premier ouvrage: "Manifeste de l'Acharniste" suivi de "Une Ville à Deux". Une suite, une version amplifiée, augmentée du Manifeste paru en 2014, avec plus de photos, de textes et une qualité d'impression supérieure. Auteurs: Léonel Houssam & Yentel Sanstitre. 82 pages. Entre 12 et 15€. Commandable dans toutes les librairies traditionnelles et en ligne. Version numérique à 1,99€ (0,99€ les quatre premières semaines de publication): couverture prévisionnelle.
mardi 4 octobre 2016
L'épidémie des RIP qui va éradiquer l'Humanité
Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, je vois Facebook
et Twitter comme une arène. Nous sommes des millions assis dans les gradins à
regarder des vieilles célébrités des anciens médias se faire massacrer par des
silhouettes de métastases féroces. Au lieu d'applaudir, chacun hisse son
écriteau "RIP MACHIN" en pleurant ou en ricanant... Des millions
d'avachis côte à côte comme dans un openspace, se parlant par SMS, assoiffés de
nouvelles vedettes défraîchies qu'un homme en blouse blanche jetterait dans la
fosse aux cancers... Les paris sont ouverts pour les prochaines victimes.
lundi 26 septembre 2016
Englouti comme tout le monde dans le vortex
C'est très bizarre, depuis des
mois où je ne suis plus l'auteur connu que je fus après en avoir tué le pseudo,
j'ai perdu un max de lèche-culs de pseudo lecteurs et de pseudo éditeurs à la
cons, mais j'ai peu à peu vu des lecteurs anglo-saxons apparaître mais pas que.
Des lecteurs d'un peu partout, plus posés, plus intéressés par l'écrit que par
le scandale ou la personnalité débile de l'auteur. J'ai pris de l'âge. Les
colères ont fait quelques grumeaux avant de se dissoudre et les batailles
rangées de tarés alcoolisés ou non ont disparu...
Cette nouvelle ère est la dernière
de mon existence sur Terre. Après celle-ci, je serai englouti comme tout le
monde dans le vortex. Dieu seul sait où il m'amènera. Mais je sais une chose,
je n'aurai jamais baissé la garde. J'aurai écrit du matin jusqu'au soir, tous
les jours de ma vie depuis l'âge de treize jusqu'à ce que la maladie et la mort
me prennent dans leurs bras pour me sortir de la cité-prison qu'est le monde.
Je n'aurai aucun regret parce que dans ma cellule, il y a mes stylos, du
papier, un peu de calme et surtout ma codétenue de rêve: ma femme.
Actualisation de l'oraison funèbre sur Facebook
Dans l'immense Empire Facebook, ses habitants se réveillent
peu à peu dans la région Greenwich Zéro et Greenwich Un. Les likes commencent à
fuser, les news des habitants des régions Greenwich vingt à vingt-quatre sont
relayées tandis que de plus locales voient le jour. Les commentaires sont
encore zens car les plus dépressifs et shootés sont toujours dans leur état le
plus comateux. Quelques photos de tasses de café, de lits en vrac ou de chatons
si mignons apparaissent sur le mur d'actualité personnalisé telle une petite
rue d'en face la maison ou l'immeuble... Chacun vaque à son extinction. Les
Datas centers surchauffent déjà, la croûte terrestre se couvre d'un degré
anormal supplémentaire, mais le peuple multiculturel et standard de l'Empire
Facebook se porte bien. Apocalypsa Jacta Est.
jeudi 22 septembre 2016
Les usines des années 70
Le papier-peint derrière son visage en contre-jour était marron clair au graphisme épais fait de courbes et d'angles nuls. Les usines des années 70 ne produisaient que des produits de merde mais trois décennies plus tard, nous pensions que c'était le meilleur du meilleur...
mardi 30 août 2016
Pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables
« Vous êtes avertis mais vous ne voulez pas le voir ni
l’entendre. Vous préférez menacer, dédaigner, vous préférez partir en vacances.
Vous êtes prévenus et vous faites mine d’avoir compris, mais au fond, vous n’avez
que des rêves de « ça passera, j’suis sûr que ça passera » alors que
le passage est trop étroit. Vous, c’est moi. Et moi, c’est vous ». Au-delà
la frontière hermétique que peu d’êtres peuvent voir, les peuples aux yeux
blancs nous regardent avec mépris. Ils ont été avertis aussi, ils ont su l’entendre.
Ils n’ont pas menacé, ils n’ont pas brandi les armes, les étendards déchiquetés
de nations de paille, de patries de soufre. Ils ont brûlé leurs villes, ils ont
interdit la reproduction, ils ont fixé une limite au-delà de laquelle Dieu seul
peut décider de la vie et de la mort. Ils ont rendu à la nature son rôle
premier, ils ont cultivé, ils ont souffert. Leurs yeux devenus des voiles
blancs opacifiant la lumière agressive d’un soleil ennemi ont la capacité de
voir au-delà de la frontière, celle que l’on nomme chez les initiés :
F-NORTH. « Vous vous découvrez le corps pour brunir votre peau à votre
goût. Vous recouvrez le corps pour afficher une pudeur fictive, en réalité pour
refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables. Nous couvrons notre
corps pour le protéger du soleil brûlant, des tempêtes, des vents glacés. Notre
corps n’est qu’une enveloppe offerte, un espace de passage. Rien de plus»
Extrait de « Evite de mourir. Tome premier du cycle «Avant
Extinction »
mercredi 24 août 2016
Les ruines des conquêtes passées
De ma plage, ils n’auront rien pas même un seul de ses grains
d’or chauffé par un soleil connard. Ils n’auront rien de mon farniente, mes baignades,
mon bronzage camionneur. Ils n’auront rien,
pas mon frisbee, mes tongs, mes parasols. Ils n’auront rien de mes
petites économies placées dans un emplacement de camping ou d’hôtel, ils n’auront
pas, ils ne toucheront pas à mon impasse estivale, ma « coupure »
annuelle, mon « break », ils n’auront pas, ils ne frôleront pas le château
de sable des petits, ils n’étendront pas leur dieu et leur prophète sur une
serviette éponge, ils ne pourront pas, ils n’entreront pas, ils ne toucheront
pas ma grande conquête du XXème siècle, mes vacances pathétiques à griller cancer
dans une épaisse couche de crème solaire. Ils n’auront rien, ils ne verront
rien, ils ne gagneront pas de terrain sur mes kékés des plages à bord de leurs
poubelles customisées braillant des tubes de branleurs à la voix trafiquée, ils
n’auront pas, ils ne posséderont pas, ils n’envahiront pas ma zone de nibards lourds et informes des dames
épaisses qui ont trop profité des années 70 et 80, ils n’auront pas non plus
les messieurs au gros bide qui cachent leur micro-érection à la vue d’étudiantes
sautillant dans les vagues. Ils n’auront pas, ils ne porteront pas, ils ne se
couvriront pas, ils ne « prosélyteront » sur ce territoire de sable
où j’ai piétiné les idéaux, l’intelligence et les combats de mes ancêtres. Ma
lutte aujourd’hui se réduit à dénoncer le burkini, la queue flasque rabougrie
dans mon slip de bain pétrole… Ma vision
du monde est l’horizon bleu et elle a la taille d’une serviette de bain.
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