Affichage des articles dont le libellé est Chroniques en temps de guerre digitale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chroniques en temps de guerre digitale. Afficher tous les articles

mardi 4 octobre 2016

L'épidémie des RIP qui va éradiquer l'Humanité



Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, je vois Facebook et Twitter comme une arène. Nous sommes des millions assis dans les gradins à regarder des vieilles célébrités des anciens médias se faire massacrer par des silhouettes de métastases féroces. Au lieu d'applaudir, chacun hisse son écriteau "RIP MACHIN" en pleurant ou en ricanant... Des millions d'avachis côte à côte comme dans un openspace, se parlant par SMS, assoiffés de nouvelles vedettes défraîchies qu'un homme en blouse blanche jetterait dans la fosse aux cancers... Les paris sont ouverts pour les prochaines victimes.

lundi 26 septembre 2016

Englouti comme tout le monde dans le vortex



C'est très bizarre, depuis des mois où je ne suis plus l'auteur connu que je fus après en avoir tué le pseudo, j'ai perdu un max de lèche-culs de pseudo lecteurs et de pseudo éditeurs à la cons, mais j'ai peu à peu vu des lecteurs anglo-saxons apparaître mais pas que. Des lecteurs d'un peu partout, plus posés, plus intéressés par l'écrit que par le scandale ou la personnalité débile de l'auteur. J'ai pris de l'âge. Les colères ont fait quelques grumeaux avant de se dissoudre et les batailles rangées de tarés alcoolisés ou non ont disparu...


Cette nouvelle ère est la dernière de mon existence sur Terre. Après celle-ci, je serai englouti comme tout le monde dans le vortex. Dieu seul sait où il m'amènera. Mais je sais une chose, je n'aurai jamais baissé la garde. J'aurai écrit du matin jusqu'au soir, tous les jours de ma vie depuis l'âge de treize jusqu'à ce que la maladie et la mort me prennent dans leurs bras pour me sortir de la cité-prison qu'est le monde. Je n'aurai aucun regret parce que dans ma cellule, il y a mes stylos, du papier, un peu de calme et surtout ma codétenue de rêve: ma femme.

Actualisation de l'oraison funèbre sur Facebook



Dans l'immense Empire Facebook, ses habitants se réveillent peu à peu dans la région Greenwich Zéro et Greenwich Un. Les likes commencent à fuser, les news des habitants des régions Greenwich vingt à vingt-quatre sont relayées tandis que de plus locales voient le jour. Les commentaires sont encore zens car les plus dépressifs et shootés sont toujours dans leur état le plus comateux. Quelques photos de tasses de café, de lits en vrac ou de chatons si mignons apparaissent sur le mur d'actualité personnalisé telle une petite rue d'en face la maison ou l'immeuble... Chacun vaque à son extinction. Les Datas centers surchauffent déjà, la croûte terrestre se couvre d'un degré anormal supplémentaire, mais le peuple multiculturel et standard de l'Empire Facebook se porte bien. Apocalypsa Jacta Est.


dimanche 22 mai 2016

La bombe H s'écrase sur mon jean slim...



La version calcaire, c'est le temps présent, sept milliards de bipèdes se noyant dans son océan d'électricité croupie. Quelques pas encore, des vestes, très peu, des torses nus perclus de mélanomes malins 
...
Dans la poussette en pétrole, l'enfant à l'espérance de vie programmée au maximum ingère et inspire la mélasse métaux lourds, les gaz lourds légers transparents, les bombardements minutieux des écrans couches pleines de merde. 
...
Mains dans la poche, la bombe H s'écrase sur mon jean slim...

Tout le monde veut réussir sa vie



Tout le monde veut réussir sa vie... Tout le monde veut avoir assez de pinces à linge. Tout le monde veut gagner le gros jambon de Parme du concours. Tout le monde veut des solutions.

Notre regard de vivants



Ce que je préfère dans votre intimité, c'est votre cadavre offert et vulnérable sous notre regard de vivants... (bientôt morts)

À la surface des eaux salées



Je te dis que j'ai les boules de t'envoyer mes trucs, j'ai pas grand-chose à proposer sinon un pas devant un autre et pourvu que ça puisse encore fonctionner. Nuire n'est pas dans mes branches cassées d'ADN mais mouler des mains à la surface des eaux salées d'une mer qui sèche, je sais faire. 
Finalement.

mercredi 18 mai 2016

L'Ordure trône au loin




La haine féroce qui s'abat sur nous semble solidifier l'air qui nous entoure. Nous sommes blottis l'un contre l'autre, mes bras lourds, comme fondus dans des blocs de béton scellés au sol. J'embrasse sa joue si douce, inondée par les larmes. Sans un mot, un bref regard suffit, nous échangeons nos cœurs palpitants. L'Ordure trône au loin, sur un fauteuil taillé dans la roche d'une falaise, le corps flasque d'une femme bien trop nourrie à la détestation d'elle même. Son unique soldat, petite chose luisante taillée dans la lose et l'obsession du pouvoir comme compensation délirante à la taille ridicule de son pénis, canarde sans cesse, vide des chargeurs en direction de notre maison sans jamais l'atteindre. 
J'ai encore du courage, j'ai toujours la force, mais une victoire se prépare patiemment, méthodiquement, sans précipitation, avec précision. 
Dans le chaos des balles qui sifflent, ma moitié et moi entendons un chant profond, bienfaiteur... Il est rassurant. Il est un allié. Il émane d'une silhouette lumineuse dont nous ne percevons que les contours. L'air devient moins lourd, moins solide. Le chant est une brise pour nous et une colonne de feu pour nos agresseurs. Une Ville à Deux est debout même si ébranlée méchamment.



Extrait de chroniques en temps de guerre numérique.

samedi 7 mai 2016

La valeur faciale de l'amour





Les villes ne sont pas frappées par les ogives, mais elles sont bombardées par le brouhaha criminel des bipèdes...
La valeur faciale de l'amour, l'étalon-or des relations intimes, le point d'indice des ventres mêlés. Je m'extirpe par la bouche d'égouts, le visage sans doute noirci par la merde qui encrasse le réseau de tunnel. Tout mon corps est électrique, les trous profonds qui couvrent mon corps sont causés par les câbles serpents-acier par lesquels passent toutes les méta-données... Data-données, rythme rouge des l'assauts puissants des 

mercredi 4 mai 2016

Je les réduis à l'état d'esclaves



Je regarde le compteur. Mes yeux voient défiler les chiffres. Derrière ces chiffres, c'est pas du joli-joli, c'est pas forcément de la bonne qualité. Leurs yeux se déposent sur les mots. Ils pensent lire de la fiction, ils pensent entrer dans un pur exercice littéraire, les gorges déployées pour ingurgiter l'air chargé de métaux lourds. Leurs yeux se déposent sur les mots. Je clique sur X, une décharge électrique secoue la tablette et le clavier. Elle est prête, excitée, en chaleur. Elle attend sa pitance, son flot de mots... Ils sont derrière leurs écrans, leurs yeux se déposent sur les mots en direct. Ils pensent lire une fiction... Ils lisent en fait la partie incurvée de leur réalité. Les mots s'alignent, le compteur est à bloc, les chiffres se succèdent à un rythme frénétique, je n'ai plus qu'à dire, écrire ce que bon me semble, pisser mon dégoût, livrer les ossements des gosses au bûcher, ça défile, l'écriture se veut plus folle, je produis, leurs yeux sortent peu à peu de leurs orbites, le compteur défile, ils lisent, ils pensent que c'est une fiction, je viole leur psyché, je les réduis à l'état d'esclaves, le compteur défile encore, les petits beats légers me font tressauter, mes mains vont enfler, mes doigts crispés vont s'immobiliser sur le clavier.........
....... Les mots sont lus à la vitesse de leur gourmandise... Le compteur ralentit peu à peu puis plus brutalement... Ils meurent les uns après les autres, par centaines... Le compteur s'arrête......
....... Je retire brutalement mes doigts du clavier brûlant... J'ai terminé. Ce que leurs yeux ont lu les ont réduits à l'état de cadavres. Dans mon Usine, la langue râpeuse du temps qui passe se charge de les lécher jusqu'à la mort...

Sommes-nous morts ?



Ses ongles vernis apparaissent dans les centaines de micro-miroirs qui constituent les façades du long tunnel tortueux qui trace sous la mégapole. Ses ongles et ses yeux reflétés tant de fois, mon arme rutilante, ma face aussi… Elle/moi sommes morcelés, des spectres pixelises avançant prudemment dans un décor bombardé de lumière. Sommes-nous morts ? On me rire dessus, quelque part. Derrière, devant. Je ne sais pas. Tout s’est éteint. J’avance à tâtons. Le souffle puant de la vie m’englobe. Je n’ai pas écrit depuis plusieurs jours. Je n’ai plus vraiment ouvert la bouche non plus.  Le tunnel disparaît. La mégapole se dissout. Il n’y a plus qu’une averse violente et froide qui s’abat sur mon corps nu… 

La rue soufflée avant-hier par la voiture piégée



Toute cette énergie déployée pour si peu de résultats. À l'inverse des décennies passées, nous ne cherchons pas à atteindre le bonheur ou la tranquillité, nous essayons surtout de ne pas avoir peur du lendemain. J'allume la bougie. L'électricité n'est pas revenue à six heures du matin comme il était prévu. Nous n'en aurons peut-être pas une seule seconde de la journée et surtout de la nuit. Des centaines de pieds foulent les gravats de la rue soufflée avant-hier par la voiture piégée. Il paraît que nous nous situons sur la ligne de front. Auparavant, c'était ici que trônait le cœur du pouvoir départemental. Je me gratte le front. Le joystick émet une vibration désagréable, signe de l'approche de l'ennemi. L'ennemi... Lequel ? Sa batterie est encore pleine. J'ai de la marge.

lundi 2 mai 2016

Ne meurs pas maintenant




Chut, je te dis, écoute ça, simplement, dépasse de tes yeux fatigués ces murs de briques rouges qui obstruent ta vue. Essaie simplement de te hausser sur le bout de tes pieds et regarde venir le venir, sa langue géante qui lèche la jugulaire de l'usine en friche où tu as fait naître tes révoltes, tes nerfs tendus, ce regard définitivement triste sur l'existence. Souris, car tu n'as rien à perdre. La ville de tes proches et un parterre de pierres tombales... Il ne te reste plus que ta moitié que tu as glané dans le tumulte, dans l'océan de feu, de désespoir... NE meurs pas maintenant, finalement, si tu regardes au-delà de ces murs de briques rouges qui obstruent ta vue, tu as la main légère de ta moitié qui ondule, géostationnaire, fine et vernis, douce et qui t'invite à te blottir. C'est là qu'Il a  souhaité te mener, c'est pour ça qu'il t'a fait traverser ces villes de pierres tombales... Pour que tu vives encore un peu, un tout petit peu contre la peau douce et chaude de ta moitié... 

samedi 30 avril 2016

Le pubis, les cuisses aspergés de pisse




Peu à peu tout ce qui m'entoure disparaît pour laisser place au vide, une apesanteur à trois dimensions, sans haut, sans bas, sans côtés, une chute perpétuelle, semble-t-il, dans tous les sens à la fois, le corps disloqué par la vitesse, les yeux sortant de moitié de leurs orbites, l'air gonflant les poumons jusqu'à l'explosion des alvéoles... Le corps vrille fort, la peur de ne plus y arriver, le visage couvert de mon vomi, le pubis, les cuisses aspergés de pisse et soudain, en un claquement de côtes cassées, je m'écrase sur le sol meuble de la cathédrale. 
Mon casque n'a pas bougé. Mes doigts cramponnent encore le joystick. Je peste des lèvres pour en virer du dégueulis. Les bruits de pas sourds viennent de l'extérieur. Ici, tout est désert.

La stupide hystérie de la vie



Un jour, par chance, nous serons aussi comme elle, perclus de douleurs... Mais qu'en savons-nous puisqu'elle ne dit plus rien, que ses yeux errent dans le cœur de ceux qui passent en l'ignorant. S'éteindre, c'est cesser d'être dans la stupide hystérie de la vie, c'est mâchouiller chaque seconde et en savourer les sucs. C'est ce que je crois. Tu es là ? Tu ne m'écoutes pas. Si loin, ton casque sur les oreilles, livrant bataille... Combien de scalps ramèneras-tu ?

Une Ville à Deux ne pose pas les bombes



Une ville à deux n'étudie pas les névroses. Une Ville à Deux ne pose pas les bombes. Une Ville à Deux surveille et perpétue dans l'ombre...

Les hommes ressemblent à des cotons-tiges




Je te conseille de ne pas aller de ce côté-là. Les hommes y picolent, ressemblent à des cotons-tiges plongés dans le formol. Des hommes aux visages de ceux qui viennent tout juste de rater leur train. Ne fais pas ça.

Restons à l'écart



Ville à deux, tu n'es pas une variable d'ajustement pour ceux qui rêvent d'être tes ennemis. Restons à l'écart. Attentifs.

Tu peux maintenant m'effacer






Cette guerre avant Extinction, tu ne l'avais pas écrite, Une Ville à Deux. Tu peux maintenant l'effacer.

vendredi 29 avril 2016

Son odeur, le goût de sa bouche, la douceur de sa peau sont mon chez-moi



La nourriture était bonne, les instants furent précieux. Il me faut y retourner, me préparer, me parer de ma tenue de combat. Nous ne sommes plus autre chose que des déclencheurs mouillés de bombes à neutrons. Triplement foutus par la mégapole grignotant tout, par le temps distendu, par la désagrégation des liens. Espérance de vie maximale pour un boitier de vitesse grippé. Elle pleure. Moi aussi. « Fais attention à toi. Je pars aussi demain. Nous serons si loin ». J’embrasse ses lèvres douces et précieuses. Son odeur, le goût de sa bouche, la douceur de sa peau sont mon chez-moi, ma maison, mon bouclier.

« Je serai à droite du canapé. Tu seras à gauche.
-          Oui mais nous serons si loin. Tu vas me manquer.
-          Toi aussi. Je veux revenir vivant. A chaque fois que je suis de retour, en un morceau, je grandis encore.
-          Moi aussi.
-          Nous avons un chemin à tracer. Peu importe ce qu’ils pensent de nous. Nous sommes touchés par la grâce et c’est bien assez. Inutile de le crier sur les toits »

Nous nous embrassons à nouveau. J’enfile ma capuche après avoir fixé mon casque sur mes oreilles. C’est encore Tricky qui va m’accompagner dans cette bataille. Un duel peut-être. Je ne sais pas. Il aura aussi pu rassembler ses troupes de morveux sanguinaires. Je regarde une derrière fois par la fenêtre. L’électricité est revenue, comme prévue, pour les six heures à venir. Ce temps sera nécessaire pour un combat sans pitié. Je saisis le joystick. Deux coussins réchauffent mes hanches. L’écran s’allume. La main de ma mie effleure la mienne. « Je t’aime. Je suis en partance ».

“You sure you want to be with me? I've nothing to give.
Won't lie and say this loving's best
Leave us in emotional peace (Hell is an emotional place)
Mm, take a walk take a rest, a taste of rest (taste sadness)
Don't want to be on top of your list,
Phenomenally and properly kissed
We overcome in 60 seconds with the strength we have together.
But for now, emotional ties they stay severed.
And where there's trust there'll be treats

When we funk we'll hear beats, Karmacoma…”