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mardi 9 août 2016

Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés





Son cœur lâcha en pleine nuit, dans la cuisine. Jacques et moi avions laborieusement retourné son corps qui gisait sur le carrelage froid. Elle avait toute la partie droite déformée et défoncée. Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés. Elle avait sectionné le bout de sa langue en frappant le sol. J’avais l’impression de voir un chien mort. Nous l’avions supporté ivre durant les mois qui avaient suivis la disparition du père. Son cadavre pitoyable, puant, nous fit sourire. Bêtement je pensai que nous allions être libres chez nous et vivre comme bon nous plairait. Je lui fis un câlin à même le sol pendant que Jacques téléphonait aux pompiers. Je ne bougeai plus de là jusqu’à ce qu’ils arrivent et m’arrachent les bras fermement enserrés à sa taille. 

mardi 2 août 2016

Une France en friches industrielles



Pour moi une France en friches industrielles, c'était juste sublime. Une revanche. Une famille siphonnée par la mort. D'où ma passion pour ces ruines que j'aimais voir grignotées par la forêt. J'aimais cette nature longuement bétonnée avec un acharnement et un désir méthodique de destruction collective des hommes. Je drainai la poussière sur le bord de ce buffet qui avait été effleuré et touché par les mains des absents.