mardi 30 août 2016

Pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables



« Vous êtes avertis mais vous ne voulez pas le voir ni l’entendre. Vous préférez menacer, dédaigner, vous préférez partir en vacances. Vous êtes prévenus et vous faites mine d’avoir compris, mais au fond, vous n’avez que des rêves de « ça passera, j’suis sûr que ça passera » alors que le passage est trop étroit. Vous, c’est moi. Et moi, c’est vous ». Au-delà la frontière hermétique que peu d’êtres peuvent voir, les peuples aux yeux blancs nous regardent avec mépris. Ils ont été avertis aussi, ils ont su l’entendre. Ils n’ont pas menacé, ils n’ont pas brandi les armes, les étendards déchiquetés de nations de paille, de patries de soufre. Ils ont brûlé leurs villes, ils ont interdit la reproduction, ils ont fixé une limite au-delà de laquelle Dieu seul peut décider de la vie et de la mort. Ils ont rendu à la nature son rôle premier, ils ont cultivé, ils ont souffert. Leurs yeux devenus des voiles blancs opacifiant la lumière agressive d’un soleil ennemi ont la capacité de voir au-delà de la frontière, celle que l’on nomme chez les initiés : F-NORTH. « Vous vous découvrez le corps pour brunir votre peau à votre goût. Vous recouvrez le corps pour afficher une pudeur fictive, en réalité pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables. Nous couvrons notre corps pour le protéger du soleil brûlant, des tempêtes, des vents glacés. Notre corps n’est qu’une enveloppe offerte, un espace de passage. Rien de plus»


Extrait de « Evite de mourir. Tome premier du cycle «Avant Extinction »

mercredi 24 août 2016

Les ruines des conquêtes passées




De ma plage, ils n’auront rien pas même un seul de ses grains d’or chauffé par un soleil connard. Ils n’auront rien de mon farniente, mes baignades, mon bronzage camionneur. Ils n’auront rien,  pas mon frisbee, mes tongs, mes parasols. Ils n’auront rien de mes petites économies placées dans un emplacement de camping ou d’hôtel, ils n’auront pas, ils ne toucheront pas à mon impasse estivale, ma « coupure » annuelle, mon « break », ils n’auront pas, ils ne frôleront pas le château de sable des petits, ils n’étendront pas leur dieu et leur prophète sur une serviette éponge, ils ne pourront pas, ils n’entreront pas, ils ne toucheront pas ma grande conquête du XXème siècle, mes vacances pathétiques à griller cancer dans une épaisse couche de crème solaire. Ils n’auront rien, ils ne verront rien, ils ne gagneront pas de terrain sur mes kékés des plages à bord de leurs poubelles customisées braillant des tubes de branleurs à la voix trafiquée, ils n’auront pas, ils ne posséderont pas, ils n’envahiront pas  ma zone de nibards lourds et informes des dames épaisses qui ont trop profité des années 70 et 80, ils n’auront pas non plus les messieurs au gros bide qui cachent leur micro-érection à la vue d’étudiantes sautillant dans les vagues. Ils n’auront pas, ils ne porteront pas, ils ne se couvriront pas, ils ne « prosélyteront » sur ce territoire de sable où j’ai piétiné les idéaux, l’intelligence et les combats de mes ancêtres. Ma lutte aujourd’hui se réduit à dénoncer le burkini, la queue flasque rabougrie dans mon slip de bain pétrole…  Ma vision du monde est l’horizon bleu et elle a la taille d’une serviette de bain. 

mercredi 17 août 2016

J'ai presque réussi ma vie




Même si mes textes sont sombres et glauques quand je les lis à voix haute, elle s'endort comme si je lui contais des légendes magiques et apaisantes...
Est-ce à dire que j'ai presque réussi ma vie ? Moi je dis oui...

mardi 9 août 2016

Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés





Son cœur lâcha en pleine nuit, dans la cuisine. Jacques et moi avions laborieusement retourné son corps qui gisait sur le carrelage froid. Elle avait toute la partie droite déformée et défoncée. Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés. Elle avait sectionné le bout de sa langue en frappant le sol. J’avais l’impression de voir un chien mort. Nous l’avions supporté ivre durant les mois qui avaient suivis la disparition du père. Son cadavre pitoyable, puant, nous fit sourire. Bêtement je pensai que nous allions être libres chez nous et vivre comme bon nous plairait. Je lui fis un câlin à même le sol pendant que Jacques téléphonait aux pompiers. Je ne bougeai plus de là jusqu’à ce qu’ils arrivent et m’arrachent les bras fermement enserrés à sa taille. 

La littérature est un émeutier




La littérature aussi peut être un émeutier. Tout comme la photo peut être un forcené. La peinture peut être un sale type tout comme la musique peut être un chef de gang. L'art peut être la beauté mais on peut aussi lui donner le rôle du bâtard.

lundi 8 août 2016

"Une Ville à Deux", extrait du prochain album d'Elastik



En attendant la sortie de son nouvel EP en octobre 2016, Elastik nous propose un extrait de celui-ci inspiré de notre projet. Titre: Une Ville à Deux, avec un visuel utilisant les photos d'UVAD. 

C'est ici: 




Pour en savoir plus sur la sortie de cet opus en octobre, vous pouvez vous rendre sur le site de l'artiste (que nous remercions et que nous intronisons membre à part entière du Royaume d'UVAD et de Notre République Personnelle. L'exploration du Monde à l'Instant de son Extinction est un privilège que nous ne pourrons remettre aux générations condamnées à venir):




Newsletter du 8 août 2016




Les projets avancent, reculent, comment veux-tu, comment veux-tu que je… t’accule.
Mon projet DATACENTER est toujours en attente de réponse (déjà beaucoup de refus pour ce recueil de « micro-romans et autres nouvelles » du fait du format non-conventionnel et d’une approche narrative trop « risquée » commercialement). Près de 250 pages toniques, j’espère puissantes. A voir. Il me reste un éditeur qui n’a pas eu le temps de lire et un autre qui pense vain de tenter l’édition d’un tel format. J’ai l’option d’un éditeur en devenir, peut-être. Mais je suis impatient qu’il sorte (déjà plus de six mois à chercher un éditeur).
Si cela ne fonctionne pas, ce sera autoédition, des centaines d’exemplaires vendus par ma pomme et tous les bénéfices pour mon foyer ! Mais franchement, l’option éditeur est préférable (travail commun sur le manuscrit, prise en charge des frais, travail de promotion parfois efficace, encore que, et diffusion moins confidentielle).
Depuis dimanche, le projet « Une Ville à Deux » composé par Yentel Sanstitre et moi-même –combinaison textes/photos- s’est étoffé d’une participation dont je ne suis pas peu fier : le musicien Elastik a composé un morceau « Une Ville à Deux » pour son prochain album, et qui est totalement dans l’esprit du projet. Les photos d’UVAD (Une Ville à Deux) ont servi à créer le visuel. Disponible sur Youtube :https://www.youtube.com/watch?v=Z1kYMzq-bFw



Fin août, si tout va bien, une version « luxe » du « Manifeste de l’Acharniste », suivi d’un recueil des textes/photos d’une Ville à Deux verra le jour en version papier et numérique, distribuée dans toutes les librairies en ligne ainsi que commandable dans toutes les librairies de France. Prix estimé : 18€ (je taffe la chose en ce moment). Ce Manifeste a déjà été téléchargé ou acheté par plus de 1500 personnes, ce qui en fait un vrai succès pour un truc 100% autoédité !
Un livre censé fêter mes trente années d’écriture est bouclé avec un partenaire excellent, un graphiste hors-piste que j’adore. Pour l’instant, nous cherchons l’éditeur courageux (autant dire que c’est la merde), mais une piste sérieuse a vu le jour. A confirmer.
Deux autres projets en cours en collaboration. L’un avec un photographe (un de mes textes sur certaines de ses photos pour un livre à paraître prochainement) mais rien n’est sûr, mes écrits n’étant pas encore validés. L’autre avec un musicien et un putain de beau et gros projet que je garde au secret pour l’instant mais dont je ne serai pas peu fier. Infos d’ici quelques mois.
Enfin, j’écris toujours mon prochain roman. Bien noir, bien à ma sauce, et j’espère intéressant pour certains éditeurs dont quatre à qui j’en ai parlé et avec qui j’aimerais bosser pour ce projet.
Bonne journée ! (Commencez à économiser pour acheter toutes ces belles choses sur lesquelles je travaille !)

mardi 2 août 2016

Une France en friches industrielles



Pour moi une France en friches industrielles, c'était juste sublime. Une revanche. Une famille siphonnée par la mort. D'où ma passion pour ces ruines que j'aimais voir grignotées par la forêt. J'aimais cette nature longuement bétonnée avec un acharnement et un désir méthodique de destruction collective des hommes. Je drainai la poussière sur le bord de ce buffet qui avait été effleuré et touché par les mains des absents.