lundi 26 septembre 2016

Englouti comme tout le monde dans le vortex



C'est très bizarre, depuis des mois où je ne suis plus l'auteur connu que je fus après en avoir tué le pseudo, j'ai perdu un max de lèche-culs de pseudo lecteurs et de pseudo éditeurs à la cons, mais j'ai peu à peu vu des lecteurs anglo-saxons apparaître mais pas que. Des lecteurs d'un peu partout, plus posés, plus intéressés par l'écrit que par le scandale ou la personnalité débile de l'auteur. J'ai pris de l'âge. Les colères ont fait quelques grumeaux avant de se dissoudre et les batailles rangées de tarés alcoolisés ou non ont disparu...


Cette nouvelle ère est la dernière de mon existence sur Terre. Après celle-ci, je serai englouti comme tout le monde dans le vortex. Dieu seul sait où il m'amènera. Mais je sais une chose, je n'aurai jamais baissé la garde. J'aurai écrit du matin jusqu'au soir, tous les jours de ma vie depuis l'âge de treize jusqu'à ce que la maladie et la mort me prennent dans leurs bras pour me sortir de la cité-prison qu'est le monde. Je n'aurai aucun regret parce que dans ma cellule, il y a mes stylos, du papier, un peu de calme et surtout ma codétenue de rêve: ma femme.

Actualisation de l'oraison funèbre sur Facebook



Dans l'immense Empire Facebook, ses habitants se réveillent peu à peu dans la région Greenwich Zéro et Greenwich Un. Les likes commencent à fuser, les news des habitants des régions Greenwich vingt à vingt-quatre sont relayées tandis que de plus locales voient le jour. Les commentaires sont encore zens car les plus dépressifs et shootés sont toujours dans leur état le plus comateux. Quelques photos de tasses de café, de lits en vrac ou de chatons si mignons apparaissent sur le mur d'actualité personnalisé telle une petite rue d'en face la maison ou l'immeuble... Chacun vaque à son extinction. Les Datas centers surchauffent déjà, la croûte terrestre se couvre d'un degré anormal supplémentaire, mais le peuple multiculturel et standard de l'Empire Facebook se porte bien. Apocalypsa Jacta Est.


jeudi 22 septembre 2016

Les usines des années 70



Le papier-peint derrière son visage en contre-jour était marron clair au graphisme épais fait de courbes et d'angles nuls. Les usines des années 70 ne produisaient que des produits de merde mais trois décennies plus tard, nous pensions que c'était le meilleur du meilleur...

mardi 30 août 2016

Pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables



« Vous êtes avertis mais vous ne voulez pas le voir ni l’entendre. Vous préférez menacer, dédaigner, vous préférez partir en vacances. Vous êtes prévenus et vous faites mine d’avoir compris, mais au fond, vous n’avez que des rêves de « ça passera, j’suis sûr que ça passera » alors que le passage est trop étroit. Vous, c’est moi. Et moi, c’est vous ». Au-delà la frontière hermétique que peu d’êtres peuvent voir, les peuples aux yeux blancs nous regardent avec mépris. Ils ont été avertis aussi, ils ont su l’entendre. Ils n’ont pas menacé, ils n’ont pas brandi les armes, les étendards déchiquetés de nations de paille, de patries de soufre. Ils ont brûlé leurs villes, ils ont interdit la reproduction, ils ont fixé une limite au-delà de laquelle Dieu seul peut décider de la vie et de la mort. Ils ont rendu à la nature son rôle premier, ils ont cultivé, ils ont souffert. Leurs yeux devenus des voiles blancs opacifiant la lumière agressive d’un soleil ennemi ont la capacité de voir au-delà de la frontière, celle que l’on nomme chez les initiés : F-NORTH. « Vous vous découvrez le corps pour brunir votre peau à votre goût. Vous recouvrez le corps pour afficher une pudeur fictive, en réalité pour refroidir les ardeurs sexuelles de porcs incontrôlables. Nous couvrons notre corps pour le protéger du soleil brûlant, des tempêtes, des vents glacés. Notre corps n’est qu’une enveloppe offerte, un espace de passage. Rien de plus»


Extrait de « Evite de mourir. Tome premier du cycle «Avant Extinction »

mercredi 24 août 2016

Les ruines des conquêtes passées




De ma plage, ils n’auront rien pas même un seul de ses grains d’or chauffé par un soleil connard. Ils n’auront rien de mon farniente, mes baignades, mon bronzage camionneur. Ils n’auront rien,  pas mon frisbee, mes tongs, mes parasols. Ils n’auront rien de mes petites économies placées dans un emplacement de camping ou d’hôtel, ils n’auront pas, ils ne toucheront pas à mon impasse estivale, ma « coupure » annuelle, mon « break », ils n’auront pas, ils ne frôleront pas le château de sable des petits, ils n’étendront pas leur dieu et leur prophète sur une serviette éponge, ils ne pourront pas, ils n’entreront pas, ils ne toucheront pas ma grande conquête du XXème siècle, mes vacances pathétiques à griller cancer dans une épaisse couche de crème solaire. Ils n’auront rien, ils ne verront rien, ils ne gagneront pas de terrain sur mes kékés des plages à bord de leurs poubelles customisées braillant des tubes de branleurs à la voix trafiquée, ils n’auront pas, ils ne posséderont pas, ils n’envahiront pas  ma zone de nibards lourds et informes des dames épaisses qui ont trop profité des années 70 et 80, ils n’auront pas non plus les messieurs au gros bide qui cachent leur micro-érection à la vue d’étudiantes sautillant dans les vagues. Ils n’auront pas, ils ne porteront pas, ils ne se couvriront pas, ils ne « prosélyteront » sur ce territoire de sable où j’ai piétiné les idéaux, l’intelligence et les combats de mes ancêtres. Ma lutte aujourd’hui se réduit à dénoncer le burkini, la queue flasque rabougrie dans mon slip de bain pétrole…  Ma vision du monde est l’horizon bleu et elle a la taille d’une serviette de bain. 

mercredi 17 août 2016

J'ai presque réussi ma vie




Même si mes textes sont sombres et glauques quand je les lis à voix haute, elle s'endort comme si je lui contais des légendes magiques et apaisantes...
Est-ce à dire que j'ai presque réussi ma vie ? Moi je dis oui...

mardi 9 août 2016

Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés





Son cœur lâcha en pleine nuit, dans la cuisine. Jacques et moi avions laborieusement retourné son corps qui gisait sur le carrelage froid. Elle avait toute la partie droite déformée et défoncée. Les os de son crâne et ses dents s’étaient brisés. Elle avait sectionné le bout de sa langue en frappant le sol. J’avais l’impression de voir un chien mort. Nous l’avions supporté ivre durant les mois qui avaient suivis la disparition du père. Son cadavre pitoyable, puant, nous fit sourire. Bêtement je pensai que nous allions être libres chez nous et vivre comme bon nous plairait. Je lui fis un câlin à même le sol pendant que Jacques téléphonait aux pompiers. Je ne bougeai plus de là jusqu’à ce qu’ils arrivent et m’arrachent les bras fermement enserrés à sa taille. 

La littérature est un émeutier




La littérature aussi peut être un émeutier. Tout comme la photo peut être un forcené. La peinture peut être un sale type tout comme la musique peut être un chef de gang. L'art peut être la beauté mais on peut aussi lui donner le rôle du bâtard.